11e semaine en cours: Des changements majeurs.

Dimanche dernier, en bon québécois, ce fut le traditionnel repas annuel de cabane à sucre en famille, avec sa nourriture riche et abondante. 


J’ai réussi à trouver le parfait équilibre : J’ai mangé un peu plus que d’habitude, je ne me suis privé de rien.  Mais je ne me suis tout de même pas bourré au point de me sentir mal dans mon estomac à la fin du repas, chose qui faisait partie de ma tradition par les années passées.  N’empêche que j’ai bien dû avaler un nombre obscène de calories, avec la soupe aux pois, le pain, les oreilles de christ, le bacon, le jambon, l’omelette, les patates, la crêpe, la pointe de tarte, et bien sûr le sirop d’érable pour arroser tout ça.

Aussi, le soir venu, je n’ai pu m’empêcher d’aller au gym, faire quelques exercices composés, et j’ai fini avec 30 minutes de machine à ramer.  Et en rentrant, je me suis fait un petit souper léger.  Puis, dès le lendemain, je reprenais mes bonnes habitudes alimentaires, juste la qualité et la quantité requise. 

Course -VS-  machine à ramer.
Depuis le premier mars, j’ai abandonné la course au profit du rameur magnétique, après avoir lu dans deux ou trois articles que le rameur fait perdre beaucoup plus de calories que la course.  On parle d’environ 850 calories à l’heure.   Ce qui signifie que dimanche soir, avec mes 30 minutes, j’ai éliminé 425 calories.  C’est l’équivalent d’un peu plus de cinq tranches de pain blanc.  (Une tranche = 80 calories)

De plus, alors que la course ne travaille que les jambes, le rameur fait travailler les jambes, les bras, les épaules et le dos. 

Enfin, chose absolument non-négligeable dans mon cas personnel : Ça m’épargne l’impact de la surface dure du béton et de l’asphalte sous mes pieds, chose qui pourrait faire revenir et/ou empirer la fasciite plantaire qui m’a empêché de marcher pendant quelques mois en 2011-2012.  Avec le printemps à nos portes, il y aura de moins en moins de bordées de neiges pour ramollir le sol, d’où l’importance d’avoir cette solution alternative.  Alors si l’alternative est meilleure que l’originale, encore mieux.

Trente minutes de rameur?
J’en suis le premier surpris.  Au début, il y a deux semaines, je n’en faisais que dix minutes avant de tomber épuisé-mort.  Et pour les deux semaines suivantes, avec mon temps d’exercice qui augmentait peu à peu, j’étais aussi victime d’un autre problème : L’ennui né du côté répétitif de cet exercice.  Mais bon, avec une bonne playlist dans les oreilles, je me suis rendu compte qu’en fermant les yeux et en chantant  avec la musique, même à voix imperceptiblement basse, le temps passe beaucoup plus vite. 

Autre changement majeur.
Depuis que je vais au gym, c’est-à-dire depuis les quinze dernières années, il m’arrivait parfois de tenter d’introduire le bench-press dans ma routine d’exercices.  Hélas, je ne pouvais jamais en faire longtemps car cet exercice me donnait mal au bas du dos, et ce pendant que je le pratiquais.

Depuis que je fais des exercices composés qui développent et renforcent les muscles du dos, je peux maintenant faire mes trois-fois-dix-répétitions de bench-press sans ressentir la moindre douleur.  Apparemment, mon problème était le débalancement musculaire, de travailler pendant toutes ces années un groupe de muscles tout en négligeant les autres.

Enfin, le plus majeur des changements.
Au début il me fallait un effort autant physique que moral pour aller au gym.  Maintenant, je ne peux plus m’empêcher d’y aller sur une base quotidienne.  Seule la prévention m’arrête dès que je ressens la moindre douleur aux articulations.  Mais ça, c’est quelque chose qui arrive de moins en moins.  Et puis, à ce moment-là je ne cesse pas d’y aller.  Je cesse temporairement les exercices reliés à la partie douloureuse, voilà tout.  Pour le reste, je suis fidèle à la méthode de l’entrainement musculaire un jour sur deux, et le cardio pour les autres jours.

En cette onzième semaine de (re)mise en forme, je crois que je peux affirmer que m’exercer et repousser mes limites physiques, c’est peu à peu devenu pour moi un mode de vie.  Et ce qui aide, c’est que cette fois-ci, puisque je m’entraîne enfin de la bonne manière, les changements sont aussi rapides que visibles, comme on peut le voir lorsque l’on compare la photo de mon inscription au gym de décembre dernier…

… avec ce selfie de samedi dernier.

Le selfie sans les mains en 3 étapes:
Étape 1: S’asseoir devant un miroir.
Étape 2: Se coincer le cell entre les cuisses.
Étape 3: Avoir des pensées fortement coquines.
*CLIC*
Et voilà!

Mes 3 trucs pour garder la motivation

Quatre jours après avoir cessé de prendre des vitamines, mon sommeil est revenu peu à peu à ses normes recommandées.  Je fais de nouveau des nuits de sept ou huit heures.  J’aurais dû écouter  mes propres recommandations, au sujet de l’inutilité des suppléments alimentaires lorsque l’on se nourrit bien.

Allez, une p’tite pesée de mi-semaine pour m’encourager en voyant la réduction qui se poursuit.  Ou bien pour m’ajuster, au cas échéant.

Comparé aux 206.4 de samedi dernier, ça me fait 1.4 lbs de moins.  Si tout va bien, j’aurai perdu mes 2.5 hebdomadaires recommandées samedi prochain. 

Ceci dit, je viens de me rendre compte que dans l’affichage des fractions des lbs, ma balance ne donne pas de chiffre impair.  Ce n’est que du 0-2-4-6-8.   Après trois mois d’utilisation, il était temps que je m’en rende compte.  Mais bon, on ne va pas se casser la tête pour 1/10e de livre.

Du côté de la motivation.
En personne et sur le net, je me fais parfois demander comment est-ce que je fais pour persévérer, pour garder la motivation, pour en avoir la volonté de continuer.  Je ne sais pas si ça marcherait pour tout le monde, mais dans mon cas personnel, j’utilise trois trucs :

TRUC 1: Rechercher sans cesse sur le sujet.
À tous les jours, je vais sur Google et je fais des recherches sur les meilleurs exercices pour prendre du muscles, la meilleure alimentation, les meilleurs exercices cardios.   En plus, je vais lire quotidiennement les nouveaux articles sur MSN Health & Fitness et sur MSN Style de Vie.  J’en apprends à tous les jours, et je révise ce que je sais déjà.

Ça peut sonner comme une obsession.  Mais puisque se (re)mettre en forme n’est pas dans ma nature, ça n’en est pas une, justement.  Aussi, c’est un excellent moyen pour toujours avoir ça en tête.

TRUC 2: Tenir un journal.
C’est important parce que ça nous permet de se donner une idée claire de nos buts, tenir compte de nos progrès, de voir si certains trucs fonctionnent ou non.  Et, bien sûr, toujours garder la chose fraîche dans notre mémoire.  Ça peut être un journal personnel sur papier.  Ça peut être des notes sur un agenda, voire un calendrier.  Dans mon cas, j’utilise le blog car je sais trop bien que si je ne réussis pas, mon échec sera public.  Et ça, je suis trop orgueilleux pour me le permettre.  Donc, motivation supplémentaire pour persévérer.

TRUC 3: Avoir des buts irréalistes.
Ça peut sembler bizarre, mais il y a une logique là-dedans.  Un jour, j’ai lu un truc, probablement sur TV Tropes, je ne sais plus, je n’arrive pas à le retrouver.  Mais en gros, le thème était : « Je ne savais pas que je ne pouvais pas le faire, alors je l’ai fait. »  L’article parlait, entre autre, d’un guitariste amateur qui a pratiqué pendant des mois pour reproduire un riff de guitare extrêmement difficile.  À force de travail, il a fini par réussir.  Quelques temps plus tard, il a appris pourquoi la chose était si difficile :  C’était deux guitaristes qui jouaient simultanément.  S’il l’avait su à l’époque, il aurait compris que c’était impossible et il n’aurait jamais essayé.  Mais il ne savait pas qu’il ne pouvait pas le faire, alors il l’a fait.

Dans mon cas, même chose : Ce n’est que tout récemment que j’ai appris que, avec mon âge et ma baisse évidente de testostérone, je ne devrais pas progresser aussi bien que je le fais, ni dans la prise de muscle, ni dans l’augmentation de ma force, ni dans l’amélioration de ma résistance, ni dans ma perte de poids.  Et pourtant, les progrès sont là, partout, visibles, vérifiables.  Et ils sont équivalent à la capacité d’un homme de la moitié de mon âge.  Et tout ça sans suppléments alimentaires ou produits nocifs.  Mais puisque je ne le savais pas que j’en serais incapable, alors je n’ai jamais douté de mes capacités.

Autre but irréaliste:  Si vous remontez à l’un de mes premiers billets, je dis (si on résume au max) que mon but est d’obtenir le physique requis pour séduire une jeune femme en particulier.  Si elle craque, tant mieux.  Si elle ne craque pas, peu m’importe, j’aurai quand même le physique que je désirais avoir.  À ce moment-là, ça sera un jeu de pouvoir en séduire une autre.  Dans un cas comme dans l’autre, je gagne.

Et de quel physique est-ce que je parle, au juste?  Celui-là :

Je vais vous faire une confidence : Cette photo que j’ai intitulé My Summer Goal, voilà à peu près douze ans que je l’ai dans mes archives.  Je l’avais postée à l’époque sur mon blog de MySpace en disant, comme le démontre son nom, que mon but de ce premier janvier-là était d’obtenir un tel physique pour le premier jour de l’été.  

Qu’est-ce qui me fait croire que je vais réussir en quatre mois ce que j’ai échoué en douze ans?  Simple: C’est l’inconnu!  Mon régime d’exercice musculaire actuel est tout nouveau pour moi.  Ne sachant pas à quoi m’attendre, tous les espoirs sont permis.  Il n’en tient qu’à moi de tout faire pour atteindre ce but.

Y croire sans le faire, ça ne donne aucun résultat.
Le faire sans y croire, ça donne des résultats moyens, voire médiocres.
Mais quand on le fait et que l’on y croit, on peut obtenir des résultats exceptionnels.

Semaine 8, le bilan: Positif, mais je peux faire mieux.

Huit semaines.  Deux mois. La moitié de mon programme de (re)mise en forme.

Commençons donc par mon poids actuel.

L’an dernier, je pesais 222 lbs / 100.7 kg.
Il y a 2 mois, au début du programme, je pesais 218 lbs / 98.8 kg.

Le premier mois, mon focus était sur la perte de poids.
À la fin du premier mois, je pesais 210.2 lbs / 95.3 kg.
J’avais perdu perdu 7.8 lbs / 3.5 kg.

Le second mois, mon focus était sur le gain musculaire.
En cette fin de second mois, je pèse 209 lbs / 94.8 kg.
Je n’ai perdu que 1.2 lbs / 0.544 kg.

On a beau dire que le muscle pèse plus que le gras, donc qu’il est possible que mon gain musculaire pèse plus que ma perte de gras, je vais vous avouer que je ne suis pas convaincu.  C’est que je viens de trouver un article dans lequel un entraîneur nous explique que, dans le meilleurs des cas, avec l’entrainement parfait, l’alimentation parfaite, la génétique parfaite, et l’âge parfait (16 à 35 ans), un homme qui s’entraîne sans stéroïdes ne doit s’attendre qu’à 2 à 4 lbs de prise de muscles par mois.

Je répète: Dans le meilleur des cas.  J’ai dépassé l’âge parfait et ma génétique est loin d’être parfaite.   Dans de telles conditions, croire que mon gain de poids en muscles ait pu dépasser ma perte de poids en gras, c’est une pensée utopique, fantaisiste, irréaliste.

Certes, en comparant mes photos d’aujourd’hui avec celles d’il y a un mois, on ne peut nier qu’il y a  une évolution positive.  On voit bien la prise de muscle aux épaules et la perte de gras au ventre.

Il y a un mois:

Ce matin:

Et non, je ne me rentre pas le ventre.  Ce serait de la triche, mais surtout ça fausserait les résultats finaux dans deux mois.

Mais comme je disais tantôt, il reste que je ne suis pas convaincu.  Aussi, puisque de toute façon mon corps s’est déjà adapté à mon entrainement musculaire intensif, je vais passer le 3e mois à rechercher de nouveau la perte de poids.  Mais cette fois, en me poussant à fond.

Mon objectif pour mars: Sous la barre des 200 lbs.
C’est à dire une perte de 2.5 lbs par semaine, 10 au total pour le mois, ce qui est le maximum à ne pas dépasser pour un entrainement santé.

Il y a deux jours, je me suis testé à la course à pied.  Grâce aux exercices composés et à la marche rapide en pente auquel je me suis soumis en février, mes jambes sont plus fortes et mon corps plus résistant.  Aussi j’ai été agréablement surpris de voir que j’ai pu courir sur 2.2 km non-stop sur ces rues en montagnes russes, alors qu’à ma dernière course d’il y a 6 ou 7 semaines, je n’avais pas fait un kilomètre complet sur terrain plat.  Cette bonne nouvelle me permettra de pousser mon entrainement de mars encore plus loin.

MARS 2019, le programme:
Mardi-jeudi-samedi: Gym intense comme en février, mais avec des exercices différents puisque mon corps s’est adapté à ma première routine.
Lundi-mercredi-vendredi-dimanche: Course à pied sur 5 km, avec le moins de temps de repos possible entre les segments de course.  Je me suis tracé quatre différents circuits dans les rues de la ville pour éviter la routine.

31 jours de mars, 31 jours d’entrainement.  Aucun jour de repos de prévu, sauf par prévention si je sens que je vais me blesser.  Mais je suis confiant que ces deux premiers mois m’ont renforcé au point de pouvoir endurer ce changement intensif.

Côté alimentation, je ne vais rien changer du tout.  Mon alimentation est parfaitement équilibrée.  La preuve: Bien que mon poids fluctuait d’une semaine à l’autre, il est resté stable tout le mois de février.  En ne me mettant pas en déficit calorique en mars, je ne reprendrai pas en avril le poids perdu, comme c’est toujours le cas avec un régime alimentaire restrictif.

Et en avril, allégé de 10 lbs de gras, je vais relaxer la course, et me concentrer de nouveau sur la prise de muscles.

Et à partir de mai, ayant atteint mon objectif d’être de nouveau jeune et beau, je pourrai relaxer mes exercices, ne les utilisant plus que pour entretenir la forme.  Ou bien, pourquoi pas, pousser la chose encore, pour avoir mon Lake Body (il n’y a pas de plage à Sherbrooke) pour mes vacances de juillet.

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Une étrange conséquence sociale de la minceur.

Comme je le répète souvent, il y a huit ans, je m’entraînais à la course à pied dans le but de pouvoir participer au marathon de Montréal.  Et cette activité physique me faisait perdre du poids.  C’est à cette occasion que je suis devenu le plus mince que j’ai été de toute ma vie adulte.  

Or, s’il est bien vu pour une femme d’être maigre, c’est tout le contraire lorsque l’on est un homme.  Je l’ai appris à mes dépens lorsque j’ai vécu l’une des plus étranges expériences sociale de ma vie.  Ça va comme suit.

Durant tout l’hiver de 2010-2011, je me suis entraîné quotidiennement à la course à pied. Loin d’être un obstacle, la neige qui m’arrivait souvent aux genoux m’aidait brûler encore plus de calories. J’ai passé de 216 lbs à 196 lbs, plateau où je me suis stabilisé durant deux mois.

Puis, j’ai décroché un travail physique fort exigeant, que j’exerçais parallèlement à mon entraînement. Mon poids a repris sa descente, me faisait atteindre 178 lbs / 80.7 kg, un chiffre que je n’avais pas vu sur ma balance depuis mon adolescence. Idem pour mes pantalons, qui ont passé de 38 po. / 96 cm à 32 po. / 80 cm.

Tant qu’à retrouver mon physique de jeunesse, aussi bien ne pas faire les choses à moitié. Je me suis laissé repousser les cheveux.  En été, lors de mon 43e anniversaire, j’étais fier de ma réussite. Barbe en plus, j’étais redevenu le gars de mes 15-22 ans, en plus athlétique et pas mal plus en forme. J’étais fier de ma réussite.

Il ne me manquait plus que quelques dizaines de kilos de muscles pour être le sosie presque parfait de Thor.

Puis, les choses devinrent étranges.  Un soir où je marche sur le trottoir, une auto passe en trombe près de moi. Le passager arrière baisse sa fenêtre et me crie: HEILLE, T’ES LAID EN TABARNAK! et ils poursuivent leur chemin à toute vitesse.

J’ai été surpris, mais sincèrement je ne peux pas dire que je me suis senti insulté. D’abord parce que je savais que c’était faux (vive l’orgueil et la vanité), mais aussi parce que, puisque je ne les connaissais pas, il ne pouvait s’agir que d’un incident isolé qui n’impliquait qu’une paire de caves qui n’ont trouvé que ce moyen pour s’amuser ce soir-là. Bref, je n’étais pas visé personnellement. Pas de quoi s’en faire un drame.

Deux semaines plus tard, alors que je sors du métro, je passe devant une maison. Un enfant d’environs huit ans attend que la femme adulte qui l’accompagne débarre la porte pour entrer.  L’enfant me regarde, et me crie : HEILLE, TOÉ, LE LOSER!  Je m’arrête et le regarde. Il n’y a aucun autre piéton, il ne pouvait donc s’adresser à personne d’autre que moi. La femme ouvre promptement la porte, pousse l’enfant dans la maison et referme derrière elle. Je reprend mon chemin en me disant que je n’aimerais pas être l’un de ses parents. Qu’est-ce qu’il doit leur causer comme ennuis de toutes sortes.

Le lendemain, je suis encore victime, dans la rue, d’une agression de passager d’automobile, alors qu’une bouteille de Gatorade lancée du côté du passager me manque de peu.

La semaine suivante, une auto passe à toute vitesse près de moi et me fait sursauter lorsque le passager souffle vigoureusement dans une trompette dans ma direction. Je constate que la couleur et le modèle de l’auto sont différentes de mes deux précédentes agressions qui impliquaient des véhicules.

Enfin, deux ou trois semaines plus tard, alors que je marche sur le trottoir en direction de chez moi, j’ai la surprise de voir quelques pinces à linge accrochées l’une à l’autre pour former un carré me couper le chemin en diagonale, aller frapper la fenêtre d’une porte d’auto stationnée, et tomber à mes pieds. Je lève les yeux juste à temps pour voir la porte du balcon du 2e se fermer en vitesse. Je comprends immédiatement qu’il ne s’agit pas d’un accident.  Ce projectile m’était destiné.

C’est à ce moment-là que je me suis rendu à l’évidence : Un incident, passe toujours. Mais après cinq, en un mois et demi, on ne peut plus parler d’un incident isolé.

Je suis rentré chez moi, perplexe, en essayant de comprendre cette montée soudaine d’hostilité totalement gratuite envers moi. Et c’était d’autant plus inexplicable, du fait qu’à première vue rien ne semblait relier ensemble les auteurs de ces cinq agressions. La seule chose qu’ils avaient en commun, c’était moi.  Je me dis que c’est tout de même étrange, parce que de telles choses ne me sont pas arrivées depuis ma jeunesse.  En fait, pas depuis mes 22 ans.

… Soit l’âge que j’avais la dernière fois où j’ai eu les cheveux longs et le corps maigre.

Et en effet, je me souviens trop bien de telles expériences datant de cette époque, en particulier celles de style hit-and-run de passagers d’automobiles lorsque j’étais ado et jeune homme. Ceux qui me lançaient des cris ou des insultes.  Celui qui m’a lancé le Coke de son verre de McDo en tournant le coin d’une rue que je m’apprêtais à traverser. Celui dont le passager m’a lancé un ballon gonflé d’eau alors que j’étais à bicyclette. Et le seul point commun entre cette époque et maintenant, c’est que dans les deux cas, j’étais un maigre aux cheveux longs.

Ça semblait trop anodin, trop insignifiant, trop simplet pour être la raison. Et pourtant, je ne peux pas nier les faits : Dans les deux cas, j’avais ce physique, et dans les deux cas, j’étais victime de ce genre d’agressions. Même si je suis incapable de comprendre la logique derrière la cause à effet, je n’ai pas le choix de voir les choses en face : Avoir ce physique fait que je suis automatiquement vu comme étant une cible aux yeux de ceux qui ont une personnalité d’abuseurs et d’agresseurs.

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Maintenant, j’avais le choix. Deux options s’offraient à moi.

OPTION 1 :  M’obstiner à mort comme quoi être maigre et avoir les cheveux longs ne constituent pas une provocation. Que c’est une raison absurde pour m’agresser.  Qu’elle est illogique.  Qu’elle est incompréhensible. Qu’elle n’a aucune raison d’être.  Que les choses ne devraient pas se passer ainsi. Que je n’ai pas à changer parce que ce n’est pas moi le fautif ici mais bien eux.

OPTION 2 :  Se foutre du fait que la raison soit logique ou non, et apprécier le fait qu’au moins, je l’ai trouvé, la raison.  Donc, si c’est mon allure qui attire les ennuis, alors changer d’allure.

Ou plus simplement: Je continue de me faire agresser, ou je m’arrange pour que ça arrête.

J’ai pris la seconde option. Je me suis fait couper les cheveux. J’ai diminué les activités physique. J’ai ajusté ma diète. Je me suis laissé remonter à 195 lbs / 88.5 kg.  Et, tout comme lors de mes 26 à 42 ans, j’ai cessé d’attirer les agressions. Et aujourd’hui, huit ans plus tard, je confirme que je n’en ai plus subi une seule depuis. 

Ce qui prouve que, aussi illogique que ça puisse paraître, il était là, le problème.  Un homme maigre, ça attire les agresseurs.

J’aurais pu prendre la première option. Légalement, moralement et socialement, j’aurais eu raison de le faire. Malheureusement, ça ne changerait rien au fait que mon allure continuerait de m’attirer telles agressions. Parce que même si les choses ne devraient pas se passer ainsi, ça ne change rien au fait que oui, c’est comme ça que les choses se passent.

Je perdais du poids afin de me sentir bien et en harmonie avec moi même.  Or, qu’on le veuille ou non, ce but ne peut être atteint que si ça nous amène également à vivre bien et en harmonie avec les gens qui nous entourent. Je peux aisément m’isoler des gens que je fréquente s’ils n’acceptent pas mon évolution physique. Mais je ne peux pas m’isoler en plus du reste de l’humanité, ne plus jamais sortir de chez moi, et surtout ne plus jamais marcher sur un trottoir.

Sans compter que, vous vous imaginez, devoir répondre à quelqu’un qui vous demande pourquoi vous attirez ces gestes, que « C’est juste parce que je suis un maigre aux cheveux longs »?  De quoi perdre aisément toute crédibilité. Je veux dire, même moi qui l’ai vécu, je trouve ça farfelu comme explication.  Et pourtant, c’est un fait.

Mais voilà, tu peux te battre et militer contre la discrimination sexuelle. Tu peux te battre et militer contre la discrimination raciale. Tu peux te battre et militer contre la discrimination homosexuelle. Tu peux même te battre et militer contre la discrimination envers ton obésité. Ce sont toutes des causes reconnues. Mais se battre et militer contre la discrimination de ton droit d’être maigre et d’avoir les cheveux longs? C’est un combat éternellement perdu d’avance, parce que jamais personne ne va croire sérieusement que c’est quelque chose qui attire la discrimination.

Cette expérience m’a fait arriver à cette conclusion:  Lorsqu’une amélioration ne nous apporte que du négatif, il faut savoir mettre ses caprices de côté et faire le bon choix.  Parce que quand ça rapporte plus de négatif que de positif, alors ce n’est vraiment pas une amélioration.